Analyse Météorologique et Climatologique
I
-GENERALITES SUR LES SITUATIONS A FORTES
PRÉCIPITATIONS DANS LE SUD-EST DE LA FRANCE.
Une des principales caractéristiques du
On peut énumérer ici les principaux critères
-LA
SAISON: c'est un critère issu de la climatologie. On
-LA
SITUATION A 500 HPA : (hpa mesure de
-LA
SITUATION ISOBARIQUE EN SURFACE: la
1- d'un anticyclone continental, souvent axé
orientale,
2- d'une zone de basses pressions
3- d'une dépression secondaire sur la
-LE CHAMP THERMIQUE:
1-La présence d'une forte
fortes précipitations sur la régions,
2-
froide
3-
réunies
quand la θ'w est supérieur à 15°c.
Il-
LA SITUATION DU 3 OCTOBRE 1988
1-
A 500 Hpa dès le samedi 1er octobre, la situation à 00h
des Pays Scandinaves au sud des Côtes Marocaines.
Aquitaine qui
Ce
n'est qu'à partir du 3 octobre à 12h UTC que l'on observe le déplacement
vers le Nord-Est de cette goutte froide
(-18° sur
2-
En surface un anticyclone ( 1036 hpa) quasi
Il
retarde la progression vers l'Est d'un front froid
associé à un profond
importante
masse d'air froid (θ'w
7 à 8), génère les
(θ'w
13 à 14°)
A
6h UTC, le contraste des m < température du point
Aquitaine/
Midi-Pyrénées contre 15 à 17° pour les régions
3-
La zone du conflit entre ces masses d'air reste
octobre et ne s'évalue que lentement vers les Alpes
L'examen
des images radar montre qu'à 00h UTC,
bande pivotant vers le SE et s'étendait à 06h 30 UTC
ensuite
jusqu'à 11 h UTC,
Les
images dans le canal visible exploitable à partir de 7h
dans
cette ligne, la présence de cumulonimbus sur
atteignent 10500 à
11300m. La présence de
Les images radars donnent des échos sur
avec une réserve pour la période 5h15 -6h30
III
-HYPOTHESE POUR TENTER D'EXPLIQUER
L'IMPORTANCE
DU PHÉNOMÈNE
-Climatologie:
Octobre est souvent le mois des records
provoquant
-Les
échos semblaient s'organiser dans le lit du vent
place (apport permanent d'air chaud et
-Topographie:
-nature des sols...urbanisation...
-saturation
des sols due aux pluies des 29

CLIMATOLOGIE
Le tableau 2 donne les valeurs extrèmes de pluie de diverses périodes de retour. On remarquera que les loi de Jenkinson et les lois Log-normale donnent des résultats comparables et assez nettement supérieurs à ceux de la loi de Gumbel, pour des période de retour supérieure à 100 ans.
| 6 H | 12 H | |||||
| T(ans) | Gumbel | Jenkinson | Log-normal | Gumbel | Jenkinson | Log-normal |
| 10 | 110 | 100 | 101 | 125 | 115 | 121 |
| 50 | 155 | 165 | 166 | 175 | 185 | 185 |
| 100 | 175 | 200 | 193 | 195 | 220 | 219 |
| 500 | 225 | 295 | 280 | 245 | 310 | 315 |
| 1000 | 245 | 340 | 326 | 270 | 360 | 350 |
Tableau (2) Valeur extrêmes (mm) de périodes de retour données
Le tableau 3 donne les valeurs "maximales" tombées, sur des durées de 1 heure à 8 heures, le 3 octobre 1988. A Nîmes et dans ses environs. En raison du type d'appareillage des modes d'enregistrement et de divers incidents survenus aux appareils, il s'agit de valeurs probablement minimisées.
| Lieu | 1h* | 2h | 3h | 4h | 5h | 6h | 7h | 8h |
| Courbessac | env 80 | >=110 | 160 | 190 | 230 | 260 | ||
| Kennedy | 95 | 135 | 175 | 215 | 260 | 295 | 310 | |
| Mas de Ponge** | >220 | 300/350 | >420 |
Tableau (3) Hauteurs maximales de pluie du 3 Octobre
1988
* Valeur estimée à partir du maximum en 30 min. soit 42mm entre 7h40 et 8h10
** durée de 3h30 à 8h30: les valeurs en 6h sont estimée à partir des
intensités horaires moy.
A partir des ajustements, il est possible d'estimer les périodes de retour des hauteurs d'eau de pluie du tableau 3 pour des durées critique de 1h à 6h. Ces estimations sont présentées dans le tableau 4
| Variation de temps | Période | Courbessac | Kennedy | Mas de Ponge |
| 1h | 64-88 | 56 | 26 | |
| 46-88 | 119 | 50 | ||
| 2h | 64-88 | 77 | ||
| 46-88 | 118 | |||
| 64-88 | 110 | 550 | ||
| 3h | 46-88 | 143 | 870 | |
| 6h | 64-88 | 126 | 210 | 400-880 |
| 46-88(a) | 500 | 1700 | >5000 | |
| 46-88(b) | 180 | 300 | 550-1200 | |
| 46-88(c) | 200 | 350 | 700-200 |
Tableau (4) Périodes de retour des hauteurs maximales de pluie de Nîmes le 3/10/88
a) loi de Gumbel
b) loi de Jenkinson
c) loi log-normale
Les hauteurs étant distribuées suivant des fonctions de distribution à comportement asymptotique exponentiel, elles varient donc approximativement comme le logarithme des périodes de retour. Un écart modéré sur les hauteur entraîne donc un écart élevé sur les périodes de retour. Ainsi, pour la même loi de probabilité, et la même durée observe-t-on des écarts considérables de période de retour entre les stations de Nîmes-Courbessac et du Mas de Ponge.
Suivant les lois de distribution utilisées pour une même durée et une même station on observe également des écarts très importants de période de retour
Au regard de la station de référence de Nîmes-Courbessac et en considérant la période la plus fiable de 1964 à 1988 pour les durées critique de 2h à 6h, la période de retour du phénomène varierait de l'ordre de 100 à 150 ans environ.
Cependant si l'on considère une hauteur moyenne maximale de 6h de l'ordre de 260mm, comme elle fut observée à la Station Kennedy, la période de retour serait un peu plus élevée et de l'ordre de 200 à 250 ans.
En conclusion, l'analyse statistique des précipitations observées à la station de Nîmes-Courbessac permet d'estimer un ordre de grandeur de la période de retour de l'événement du 3 octobre 1988 soit: 150ans <= T <=250 ans
On pourrait avancer qu'une telle incertitude est incompatible avec une évaluation des aménagements de contrôle ou d'évacuation des ruissellements. En réalité, elle correspond pour des durées critiques de 6 heures à une variation des hauteurs de 13% (entre 230 et 260 mm).
De même, les divers traitements statistiques montrent qu'il est possible d'avoir de très grandes fluctuations des périodes de retour, pour un même lieu et une même durée (125 à 650 ans pour 6h à Nîmes-Courbessac). Au demeurant la faible durée des observations, l'hétérogénéité de l'échantillon doivent inciter à la prudence et ceci d'autant plus que les estimations des périodes de retour les plus faibles correspondent aux fonctions de distribution présentant les meilleurs ajustements aux observations
Sans
doute les précipitations tombées sur le Nord-Ouest de
L'ordre de grandeur ci-dessus doit ètre regardé comme prenant en compte un
certain" coefficient de sécurité ", qu'il est
111-
COMPARAISON DE LA PLUVIOMÉTRIE
| T ans |
1 h | 2 h | 3 h | 6 h | ||||||||
| a | b | c | a | b | c | a | b | c | a | b | c | |
| 10 | 48 | 60 | 57 | 64 | 90 | 71 | 73 | 107 | 89 | 90 | 140 | 104 |
| 20 | 58 | 66 | 59 | 79 | 106 | 84 | 88 | 123 | 108 | 110 | 164 | 134 |
| 50 | 73 | 76 | 69 | 97 | 125 | 102 | 111 | 140 | 136 | 139 | 193 | 173 |
| 100* | 82 | 82 | 78 | 113 | 135 | 114 | 130 | 154 | 159 | 162 | 212 | 215 |
| 200* | 92 | 89 | 128 | 142 | 150 | 163 | 187 | 230 | ||||
| 500* | 106 | 98 | 96 | 150 | 150 | 150 | 180 | 175 | 216 | 220 | 250 | 312 |
Tableau (5) Hauteur des pluies à
Montpellier et Nîmes
a) Montpellier-Bel Air (station INRA) 1921-1971 : 51 ans
b) Montpellier-Fréjorgues (station météo) 1957-1979
: 23 ans
c) Nîmes-Courbessac (station météo) 1964-1988 : 25 ans
* Valeurs extrapolées
111
-1 -Pluviométrie de Montpellier
Dans
le Tableau 5 ont été portées les hauteurs de
la faible longueur des séries d'observation et leur hétérogénéité
III -2 -Maxima nationaux et régionaux
Tableau (6) Hauteur de pluie maximales (France et Languedoc)
Le
Tableau 6, ci-après, présente une collection très partielle
surface
concernée par les orages 8000 km2 environ
surface
des événements de 300 à 500 km2 pour des phénomènes
orageux convectifs Elle peut être nettement supérieure
surface maximale de bassins versants d'une agglomération 50 à 100 km2. Il
s'agit de la surface d'unités hydrologiques individualisées, comprenant la
ville entière ou une partie et (ou) des bassins versants périphériques ou
extérieurs dont les écoulements empruntent le réseau d'évacuation des eaux
pluviales de l'agglomération. Ces valeurs peuvent être considérées comme des
bornes supérieures (30 km2 env pour Nîmes et les bassins des cadereaux, 15 km2
env pour le bassin du Verdanson à Montpellier, 12 km2 pour le bassin du
ruisseau d'Ariège à Béziers etc...)
Les résultats des simulations pour 2 bassins versants de 49 et 81 km2,
localisé en deux points différents de la région (1000 tirages aléatoires
pour chaque jeu d'essai) indiquent que pour une période de retour de 3 à 4
ans, dans la région d'un phénomène ponctuel (300 à 500 km2) à caractère
exceptionnel, les bassins versants sont touchés à plus de 80 % avec une
période de retour maximale T répondant à 100 ans <= T <= 180 ans
L'hypothèse d'une distribution de probabilité spatiale uniforme dans la
région considérée est sans doute incorrecte et certaines zones pourraient
être plus favorables à l'apparition des événements étudiés. On marque
cependant d'informations nécessaires pour affiner les estimations. En outre il
convient de na pas perdre de vue que les indications du tableau 6 sont
partielles, que nous n'avons pu consulter toutes les sources disponibles et que
d'autre part, le réseau régional de pluviographes ne permet d'approfondir amplement
les données.